
Terrasse de piscine : bois, composite, pierre et margelles
Aménager une terrasse de piscine dans l'Yonne : bois, composite ou pierre, margelles, antidérapance, structure hors gel et prix au mètre carré posé.
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Une terrasse de piscine subit ce qu’aucune autre surface du jardin n’endure : de l’eau chlorée en permanence, des pieds nus mouillés, une exposition solaire maximale de mai à septembre, puis une vingtaine de cycles de gel et dégel entre décembre et mars sous le climat semi-continental de l’Yonne et de l’Aube. Le matériau choisi doit encaisser cet enchaînement pendant quinze à vingt ans. Voici ce qui sépare réellement le bois, le composite et la pierre, comment traiter les margelles et quel budget prévoir autour d’Auxerre, Sens ou Troyes.
Bois, composite ou pierre : ce qui change vraiment pieds nus

Les brochures comparent des aspects. À l’usage, trois critères décident : la température de surface en plein soleil, l’adhérence quand la lame est mouillée, et la charge d’entretien annuelle.
| Revêtement | Prix posé | Température au soleil | Entretien annuel |
|---|---|---|---|
| Bois exotique classe 4 | 110 à 190 €/m² | Modérée, agréable | Dégrisage et saturateur |
| Pin autoclave classe 4 | 70 à 120 €/m² | Modérée | Saturateur, échardes à surveiller |
| Composite coextrudé | 90 à 160 €/m² | Élevée en teinte foncée | Lavage simple |
| Pierre naturelle claire | 100 à 220 €/m² | Faible en teinte claire | Nettoyage, joints à reprendre |
| Grès cérame antidérapant | 70 à 150 €/m² | Faible en teinte claire | Lavage simple |
Le bois exotique reste la référence de confort : il chauffe peu, sèche vite et vieillit en prenant une patine grise que l’on peut assumer ou corriger. Il demande en contrepartie un entretien franc, une lasure ou un saturateur tous les ans à deux ans, faute de quoi il grise et se fend en surface.
Le composite coextrudé a nettement progressé. Sa version moderne, protégée sur trois ou quatre faces, ne se tache plus comme les premières générations. Son défaut demeure thermique : une lame anthracite peut dépasser 60 °C un après-midi d’août, ce qui la rend inutilisable pieds nus. En teinte claire ou beige, le problème disparaît largement.
La pierre naturelle claire, calcaire de Bourgogne ou travertin, coche presque toutes les cases : elle reste fraîche, elle vieillit bien, elle s’accorde aux maisons anciennes de l’Auxerrois. Elle exige un support parfaitement stable et des joints suivis, sous peine de désaffleurements après quelques hivers.
Les margelles : la pièce qui tient tout l’ouvrage
La margelle assure la jonction entre la structure du bassin et la terrasse. C’est le point de faiblesse le plus fréquent des chantiers mal exécutés, et sa reprise coûte souvent plus cher que la terrasse elle-même.
Trois exigences la définissent. Elle doit d’abord présenter un nez arrondi ou biseauté, confortable pour s’accouder et sans arête vive pour les tibias. Elle doit ensuite dépasser légèrement du bassin, de deux à trois centimètres, pour former une goutte d’eau qui renvoie les projections vers l’extérieur plutôt que sous la terrasse. Elle doit enfin être posée sur un joint souple périphérique capable d’absorber les mouvements différentiels entre la structure béton et le sol environnant.
Sur les terrains argileux fréquents dans les vallées du Serein et de l’Armançon, ce joint souple est précisément ce qui évite les fissures en épi que l’on voit sur tant de bassins des années 1990. Les margelles en pierre reconstituée offrent le meilleur rapport prix et durabilité, entre 40 et 90 € le mètre linéaire posé ; la pierre naturelle monte de 80 à 180 €.
Le profil de margelle se choisit selon l’usage réel du bassin. Le modèle plat, discret, convient aux terrasses de plain-pied et aux volets immergés. Le modèle à bord droit débordant marque davantage la limite du bassin et protège mieux le revêtement des projections de terre. Le modèle arrondi dit bullnose, plus épais, se prête aux bassins où l’on s’assoit volontiers en bordure. Dans les jardins anciens de l’Auxerrois, une margelle en calcaire local vieilli s’accorde souvent mieux au bâti qu’une pierre importée à la teinte trop régulière.
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Antidérapance : lire les classements avant de commander
Un revêtement de terrasse mouillé se juge sur des indices normalisés, rarement mis en avant en showroom. Deux systèmes coexistent. Le classement R, de R9 à R13, mesure l’adhérence avec des chaussures sur plan incliné. Le classement A, B, C mesure l’adhérence pieds nus mouillés, celui qui compte réellement au bord d’un bassin.
Autour d’une piscine, viser au minimum R11 associé à un classement B, et C sur les zones en pente ou les marches d’accès. Un carrelage intérieur R9 posé en plage, choix hélas courant, devient dangereux dès la première projection. Le bois et le composite rainuré atteignent naturellement de bons niveaux, à condition que les rainures soient orientées dans le sens de la marche et nettoyées du dépôt vert qui s’installe côté nord dès l’automne bourguignon.
L’antidérapance se dégrade avec le temps. Un nettoyage annuel sans karcher agressif, qui creuse les surfaces poreuses et ouvre le bois, entretient la texture d’origine. Ce point rejoint les gestes détaillés dans le guide entretien de piscine.
Structure, pente et budget dans l’Yonne

Une terrasse de piscine repose sur trois montages possibles. Sur plots réglables, la solution la plus répandue pour le bois et le composite, elle laisse circuler l’air et l’eau sous le platelage, rattrape les défauts de niveau et facilite l’accès aux canalisations. Sur lambourdes scellées, elle gagne en rigidité mais perd cette accessibilité. Sur dalle béton avec pose collée, réservée à la pierre et au grès, elle offre la meilleure longévité à condition que la dalle soit ferraillée et fondée hors gel, à environ soixante-dix centimètres dans le département de l’Yonne.
La pente est le deuxième invariant : un à deux pour cent vers l’extérieur, jamais vers le bassin. Une terrasse plate accumule l’eau, favorise les mousses et gèle en plaque l’hiver. Prévoir également un espace de dilatation de trois à cinq millimètres entre lames de composite, matériau qui bouge sensiblement entre janvier et juillet.
Pour une terrasse périphérique de quarante mètres carrés autour d’un bassin de 8 x 4 mètres, le budget complet se situe entre 5 000 et 12 000 € selon le revêtement, la structure et l’accessibilité du chantier. Les projets en terrain pentu, courants sur les coteaux de Sens et de Saint-Florentin, ajoutent 1 500 à 5 000 € de terrassement ou de soutènement. Un chantier de ce type se planifie de préférence hors saison, entre septembre et avril, période où les délais raccourcissent nettement.
L’ensemble des choix de revêtements et de finitions se recoupe avec l’aménagement des abords et avec les sujets regroupés dans la rubrique aménagement du bassin.