Margelles de piscine : pierre, bois ou composite
Amenagement du bassin

Margelles de piscine : pierre, bois ou composite

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Une margelle de piscine coiffe le haut des murs du bassin et fait la jonction avec la plage. Trois familles dominent : la pierre, naturelle ou reconstituée, le bois et le composite. Le bon choix se joue sur le confort pieds nus en plein été, la tenue au gel de l’Yonne et de l’Aube, puis l’entretien accepté chaque printemps.

La margelle de piscine, trait d’union entre l’eau et la plage

La margelle désigne la rangée de pièces posée sur l’arase des murs, c’est-à-dire sur leur face supérieure. Elle déborde légèrement côté eau, recouvre le haut du revêtement et sert de point de départ à la plage. Sur un bassin à liner, elle cache aussi le profilé d’accroche qui retient la feuille en haut de paroi.

Son rôle dépasse de loin la simple finition :

  • elle protège la tête des murs et le haut du revêtement ;
  • elle renvoie les éclaboussures vers l’extérieur grâce à son léger débord ;
  • elle offre une prise franche pour sortir de l’eau ou s’accouder ;
  • elle marque la limite du bassin, repère visuel utile aux enfants.

Aucune règle n’oblige à poser des margelles : une piscine miroir ou à débordement s’en passe, tout comme une terrasse en lames qui vient mourir au-dessus de l’eau. Sur une piscine en panneaux, la margelle appartient en revanche au système prévu par le fabricant. Elle se choisit avec la plage qui la prolonge, sujet de la rubrique aménagement du bassin.

Plate, arrondie ou à talon : lire le profil du nez

Le nez, c’est la tranche visible côté bassin. Sa forme change l’usage du bord davantage que la teinte. Quatre profils reviennent dans les catalogues :

  • la margelle plate à arête adoucie, discrète, idéale avec une plage de plain-pied ;
  • la margelle à nez arrondi, dite aussi demi-ronde, plus épaisse et plus douce sous les avant-bras ;
  • la margelle à talon, dont le nez forme une retombée côté eau qui habille le haut de la paroi ;
  • la margelle débordante à bord droit, au dessin net, fréquente sur les bassins contemporains.

Le linéaire droit ne suffit jamais : angles sortants ou rentrants, courbes d’escalier roman, découpe autour du skimmer. Vérifiez que la gamme propose toutes ces pièces dans la même teinte et la même finition, car un angle recoupé dans une pièce droite se repère au premier coup d’œil.

Pierre naturelle ou reconstituée : deux matériaux sous un même mot

Sous ce mot unique se cachent deux produits qui vieillissent très différemment au bord de l’eau.

Calcaire, travertin, granit : la pierre de carrière

La pierre naturelle sort d’un bloc scié puis façonné. Les calcaires de Bourgogne, blonds ou nuancés, s’accordent sans effort aux maisons de vigneron de l’Auxerrois et du Chablisien. Le travertin, recherché pour son aspect alvéolé, apporte des teintes miel ou ivoire. Les granits et les pierres bleues, plus denses, conviennent aux dessins sobres, avec une réserve : leurs tons sombres chauffent davantage.

Deux vérifications s’imposent avant de commander. La pierre doit être déclarée ingélive par la carrière ou le négoce, ce qui écarte certains calcaires tendres sous notre climat. La finition décide ensuite de l’adhérence : une face polie ou adoucie devient glissante à la première éclaboussure, une finition vieillie, sablée, bouchardée ou flammée garde son accroche. Ces surfaces ouvertes se protègent par un hydrofuge oléofuge, qui limite les auréoles de crème solaire.

La pierre reconstituée, moulée et régulière

La pierre reconstituée est un béton fin, composé de ciment, de granulats ou de poudre de pierre et de pigments, coulé dans des moules qui reproduisent la pierre taillée. Lorsque les pigments sont mélangés dans la masse, un éclat sur une arête ne fait pas apparaître de teinte différente. Les cotes sont régulières, les gammes déclinent angles, courbes et marches, et l’ensemble reste en général plus abordable que la pierre de carrière.

La qualité varie fortement d’un fabricant à l’autre. Un produit dense, ingélif et traité dans la masse traverse de nombreux hivers sans broncher ; une pièce poreuse d’entrée de gamme farine, se tache et s’épaufre en quelques saisons. Les teintes anthracite et noires, très demandées pour les bassins modernes, montent nettement plus en température que les tons sable ou beige.

Margelle en calcaire naturel veiné posée à côté d’une margelle en pierre reconstituée beige sur un établi de chantier

Bois et composite : le bord du bassin traité comme une terrasse

Ces deux matériaux conviennent aux propriétaires qui veulent des lames jusqu’au ras de l’eau. La margelle devient alors une lame de rive, plus large ou usinée en bout arrondi, fixée sur l’ossature du platelage.

Le bois : chaleureux, à condition de l’entretenir

Une margelle en bois reçoit sans cesse l’eau projetée par les baigneurs. Elle réclame une essence ou un traitement conforme à la classe d’emploi 4 de la norme NF EN 335, celle des bois en contact avec le sol ou l’eau douce. Plusieurs feuillus exotiques denses, comme le teck, y répondent par nature. Le pin autoclave y parvient par imprégnation, à condition de traiter chaque coupe faite sur le chantier.

Sous le pied, le bois reste tempéré et agréable. Il grise en revanche au soleil, peut se fendiller en surface et lever des échardes, surtout sur les résineux. Un saturateur appliqué chaque année ou tous les deux ans conserve sa teinte. Les vis en inox s’imposent : l’acier ordinaire laisse des traînées noires autour des têtes.

Le composite : stable, mais attentif à la teinte

Le bois composite associe des fibres de bois et un polymère. Les lames dites coextrudées, enveloppées d’une coque plus dure, se tachent bien moins que les premières générations et ne demandent ni ponçage ni saturateur. Les gammes récentes proposent des profils de rive ou de nez de margelle assortis, qui évitent de laisser voir les alvéoles en bout de lame.

Deux réserves pèsent sur ce choix. Un composite foncé chauffe fortement en plein soleil, au point de rendre le bord pénible pieds nus un après-midi d’août : préférez les gris clairs et les tons sable. Le matériau se dilate aussi avec la chaleur, d’où l’importance de respecter à la lettre les jeux de pose du fabricant, en bout comme en rive.

Lame de margelle en bois exotique à nez arrondi vissée en inox au bord d’un bassin

Pieds nus, plein soleil, gel : la grille qui départage

Une fois les matériaux connus, le choix se resserre autour de cinq questions concrètes :

  • La chaleur au soleil. Les teintes claires restent praticables en plein après-midi ; les tons anthracite emmagasinent la chaleur, en pierre comme en composite.
  • L’adhérence. Les classes A, B et C du test pieds nus sur plan incliné, longtemps définies par la norme allemande DIN 51097, remplacée fin 2021 par la norme européenne EN 16165, mesurent la tenue pieds nus mouillés : demandez ce classement plutôt qu’un simple argument « antidérapant ».
  • Le gel. Sous le climat semi-continental de l’Yonne et de l’Aube, les cycles de gel et de dégel éliminent les pierres gélives et les reconstituées trop poreuses.
  • L’entretien. Pierre reconstituée et composite se contentent d’un lavage, la pierre naturelle demande un hydrofuge renouvelé, le bois réclame son saturateur.
  • La structure du bassin. Une coque polyester possède souvent son propre rebord à recouvrir, un bassin en panneaux attend les margelles de sa gamme.

En pratique, la pierre reconstituée claire coche le plus de cases pour un budget mesuré. La pierre naturelle l’emporte près d’une maison ancienne, le bois séduit les amateurs de terrasse continue prêts à l’entretenir, le composite clair ceux qui veulent oublier le pinceau. La technique de construction, comparée dans le guide béton, coque ou panneaux, pèse aussi, car elle fixe la largeur d’arase disponible et la nature du support.

Poser des margelles en pierre : l’ordre qui évite les reprises

Une margelle en pierre, naturelle ou reconstituée, se colle sur l’arase des murs au mortier-colle extérieur, ou sur un lit de mortier lorsque le support manque de planéité. Un chantier soigné suit six étapes :

  1. Contrôler l’arase : propre, plane et de niveau sur tout le tour, profilé d’accroche ou rebord du revêtement en place.
  2. Présenter les pièces à sec en partant des angles, de l’escalier ou du skimmer, pour répartir les coupes sur les longueurs droites.
  3. Couper à la disqueuse équipée d’un disque diamant, en plaçant les coupes dans les zones peu visibles.
  4. Coller en double encollage, sur le support et au dos de chaque pièce, au peigne cranté, avec un débord régulier côté eau.
  5. Donner une légère pente vers l’extérieur, pour que les éclaboussures repartent vers la plage.
  6. Jointoyer une fois la colle prise, puis appliquer le traitement de surface conseillé pour le matériau.

Deux règles complètent la liste. Entre la margelle et la plage, un joint de dilatation souple absorbe les mouvements différents du bassin et du dallage, précaution précieuse sur les sols argileux des vallées du Serein et de l’Armançon. Aucune colle ne se pose par temps de gel : sous notre climat, le chantier se cale entre le printemps et le début de l’automne.

Pour le bois et le composite, la logique change. Les lames de rive se vissent sur des lambourdes fixées à l’arase ou posées sur plots, avec les jeux prescrits et des fixations en inox. Le nez dépasse légèrement l’aplomb de la paroi sans laisser voir l’ossature depuis l’eau, et une lame démontable garde l’accès au skimmer.

Mains gantées posant une margelle en pierre claire sur un mortier-colle strié au bord d’un bassin

Entretenir des margelles sous le climat de l’Yonne et de l’Aube

Un rinçage à l’eau claire et une brosse souple suffisent l’essentiel de l’année, avec un savon neutre pour les traces de crème solaire. Le nettoyeur haute pression se garde à distance : trop près, il creuse les pierres tendres et ouvre les fibres du bois.

Quelques gestes répondent aux conditions du secteur :

  • rincer les margelles en pierre d’une piscine au sel après les journées de forte baignade, car le sel qui sèche dans les pores écaille les pierres tendres ;
  • brosser dès l’automne le voile vert des côtés exposés au nord, avant qu’il ne rende la surface glissante ;
  • bannir le sel de déneigement sur les margelles et la plage, même par verglas ;
  • renouveler l’hydrofuge de la pierre naturelle dès que l’eau ne perle plus en surface ;
  • repasser un saturateur sur le bois au printemps, après un léger dégrisage.

Avant l’hivernage, faites le tour du bassin et tapotez chaque pièce avec le manche d’un maillet. Une margelle qui sonne creux ou qui bouge se recolle avant les premières gelées : les cycles de gel et de dégel achèveraient sinon de la desceller. Le reste du programme d’automne, traitement d’hivernage, filtration et couverture, se lit dans nos conseils d’entretien du bassin.

Prochaine étape : réunissez trois échantillons, laissez-les au soleil près du bassin un après-midi d’été, marchez dessus pieds nus puis mouillés, et demandez au poseur leurs classements d’adhérence et de gel par écrit. Les propriétaires des coteaux d’Auxerre comme ceux du secteur de Saint-Florentin trouveront sur leur page locale les contraintes de terrain à intégrer au devis.

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